1984

Publié le par Néron

J'hésite à demander si je vous ai manqué et tout ça. J'hésite même à dire bonjour. A quoi bon ? après tout je ne vais publier mes articles qu'au rythme d'un tout les 6 mois donc...

Bouarf.

Je voulais vous parler de 1984, un roman d'anticipation de George Orwell, écrit en 1948. La trame est à la fois simple et d'unee complexité surprenante :
Nous sommes en 1984, en Océania (empire anglophone), dans la province de Grande-Bretagne. L'océania est sous la coupe de l'Angsoc (abréviation de Anglais-Socialisme).
Le personnage (dont j'ai oublié le nom) bosse au ministère de la vérité (Miniver).  Son boulot c'est de réécrire le journal pour faire correspondre les prévisions des années passées à la réalité.
L'ouvrage est un genre de fresque de cette société, inifiniement riche et lointaine de la société actuelle. J'ai eu besoin de lire le livre deux fois et de voir le film pour en comprendre ne serait-ce qu'une partie.

Premier exemple, tiré du prof de philo : le novlangue. Le principe de cette langue double-plus-bon c'est de réduire le champ du langage humain au minimum de mots, ceci afin qu'il ne puisse plus fomer de pensées abstraites. En 1984, la mythique "dixième édition du dictionnaire" avait déjà des dimensions de cassette VHS.

Deuxième exemple, cinq ou six citations du type "la guerre c'est la paix" ou "la famine c'est l'abondance".
La seconde citation est en train d'apparaître au grand jour, Coluche l'explique mieux que quiconque : "s'il n'y a plus de pauvres, comment être riche ?". Quand à la seconde, "le but de la guerre est de détruire le produit du travail humain", il y a alors au moins 2 avantages :    1-régulation de la population
                                                                                   2-les gens sont plus occupés à essayer de survivre plutôt
                                                                                       qu'à s'opposer au système.
Troisième exemple que je n'ai compris que tout récemment.
A la fin de son livre, George Orwell décrit un genre de purgatoire dans le Minijuste. Les héros du roman y sont enfermés et torturés, mais pas interrogés ni exécutés. On leur lave le cerveau. Ce passage est vraimment horrible (le reste du roman ressemble à un conte de fées à côté). Bref. AU début je pensais que c'était juste pour donner un air pathétique à son récit que l'auteur avait écrit ce passage. Au contraire. Je viens de me rendre compte que c'était probablement la reflexion la plus profonde du livre. Un genre d'apothéose.
Le but de cette scéance de torture c'est que le héro en vienne à "aimer le système au point de regretter de l'avoir trahi et qu'alors seulement il sera exécuté".
Que dire des criminels de guerre nazis ? Pouvait-on les juger pour un crime dont ils n'ont pas conscience, comme le héro de 1984 n'avait pas conscience que ce qu'il faisait était un crime. Il savai(en)t que c'était un crime, mais il(s) n'en avai(en)t pas conscience.
C'est pour celà qu'ils lui lavent le cerveau. Pour le faire passer de l'autre côté du miroir. Pour lui faire comprendre que ses actions étaient des crimes. "Crime par la pensée...le pire de tous".
Les lois sont comme des théorèmes de mathématiques : elles ne se résument pas en leurs effets, elles ont aussi des conditions d'applications :"tu ne tuera point [ton semblable]". Cette argument a toujours légitimé les violences racistes. On dit souvent que celà résulte de l'incompréhension entre les peuples mais c'est faux. Un individu peut tout à fait comprendre une autre culture et pourtant lui faire subir les pires atrocités. Au contraire, mieux il la comprend et plus ce qu'il lui fera subir pourra être atroce (déshumanisation des camps de concentration).
Quoiqu'il en soit, on ne pouvait légitimement condamner les criminels de guerre à moins qu'ils n'eussent conscience d'avoir commis un crime. De même on ne pouvait condamner légitimement le héro de 1984 à moins qu'il n'eut conscience d'avoir commis un crime. D'où la nécessité de leur laver le cerveau. Ainsi le héro de 1984 comprenait qu'il avait trahi le système et ceux de Nuremberg commençaient à saisir quelles atrocités ils avaient pu commettre.
Ainsi, en passant par un procédé des plus révoltants et injustes (lavage de cerveau), on parvient à rendre un jugement légitime.
Conclusion, pour paraphraser G. Orwell : "L'injustice c'est la justice".

Publié dans Phylosophie

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