Chapitre 15

Publié le par Néron

René suivi le pirate dans le cockpit. L’un d’eux agitait sous ses yeux le passeport de la défunte agente :

-         Qu’est-ce qu’elle faisait avec vous ?

-         Je n’en sais rien

-         Pas la peine de nous le cacher. Elle vous interrogeait à propos de ceci :

Ils lui tendirent une feuille avec une courbe saccadée :

-         Qu’est-ce que c’est ?

-         Un spectre de fréquence d’une émission radio. Pas la radio Québeckoise, ni même Canadienne. Et de toute évidence, elle ne vient pas non plus des services secrets.

-         Alors d’où vient-elle ?

-         De l’espace

-         De l’espace ?

-         Oui. Il s’agit d’un message que l’on reçoit lorsqu’on émet des ondes radios vers l’espace sur un large spectre de fréquence

-         Et que dit-il ?

-         Nous essayons de le découvrir. Et c’est ce que vous devez savoir.

-         Je ne sais pas ce qu’il dit ce message

-         Voulez-vous que j’aille chercher Justine ?

-         Mais je ne sais pas ce qu’il dit !

-         Si, vous le savez…nous en sommes sûrs, sinon la CIA ne serait pas venue vous checher

-         Elle est venue me voir parce qu’elle n’en sait pas plus que vous.

-         Et moi je vous dit que vous en savez plus que vous n’en dites

Un biiiip résonna dans la cabine :

-         Radar de tir : des têtes chercheuses radar se sont allumées et verrouillées sur nous !

« Sauvé par le gong » se dit René

-         Connards d’Américains ! Descends à 100 pieds. Planque-toi entre les vagues.

 

 

L’avion piqua du nez et commença à descendre rapidement dans un vertigineux piqué. Les indicateurs de vitesse clignotèrent bientôt au rouge, des alarmes s’allumèrent un peu partout :

-         On doit ralentir sinon on va perdre une aile

-         Si on ralentit, on se prend un missile : c’est ça ou une aile !

Le pilote redressa un peu

-         Qu’est-ce que tu fais !

-         J’évite qu’on s’écrase bêtement. Nous piquerons de nouveau s’ils ouvrent le feu.

L’avion plongea dans les nuages : 20 000 pieds. 15 000. 10 000. Le cockpit était toujours enveloppé de brume :

-         Il doit y avoir un temps de chien en bas…et ça souffle ! 950 hectopascals. Nous sommes au cœur d’une dépression : un orage !

-         Et alors ? On a des missiles au cul je te rappelle !

-         Ils n’ont pas encore été tirés et…

« Biiiiiiiiiii »

-         Non !!! Supplia le pilote au comble du désespoir : Ils…ils ont osé

-         Missiles !

Le pilote poussa à fond sur le manche. L’appareil plongea à 90 degrés. Tous les passagers hurlèrent.

-         Quelles sont nos chances ? demanda l’un des pirates en se cramponant au siège du pilote.

-         Echapper à une paire de missiles au milieu d’une tempète comme celle-ci avec un avion civil ? Autant que de gagner au loto !

 

 

Les Aamrams, missiles à tête radar, filaient à près de 2 Km/s en direction de leur cible, laissant dans leur sillage un mince fuseau argenté. Dans deux minutes tout au plus, le Learjet ne serait plus qu’une épave.

 

 

-         Redresse, redresse ! - Hurla le copilote à son coéquipier, les yeux rivés sur l’altimètre – On est à 700 pieds !

-         Je ne vois toujours pas la mer. Mais quelle tempète !

En effet, de temps en temps, des éclairs illuminaient la cabine tandis que de violentes rafales faisaient dévier l’avion de sa course.

-         Rendez-vous utiles, surveillez les hublots. Si vous voyez les missiles arriver, prévenez-nous !

René gagna la cabine et s’assit « pile poil au milieu », comme le lui avait conseillé Honey.

L’avion fit un brusque écart babord avant de traverser un trou d’air. C’est là qu’il la vit, la mer déchaînée. De l’écume se soulevait des flots bouillonant par nuages entiers tandis que les crètes montaient vers les cieux :

«  Si nous nous écrasons là dedans…. »

Une femme hurla :

-         Missile !

-         Missile à 7 heures ! Confirma un pirate

L’avion vira violement à tribord.

-         On ne pourra pas les semer !

Le missile dépassa l’avion dans un rai de lumière blanche avant de scintiller au loin.

«  Où est l’autre ? »

-         Encore un !

-         Missile à 4 heures, beugla un agresseur

Les pilotes exercèrent une nouvelle prouesse acrobatique au milieu des éléments déchaînés. Elle ne suffit malhueuresement pas. Telle une flèche argentée, l’arme ralia l’avion en moins d’une seconde avant d’exploser près de l’aile droite qui prit feu instantanément.

L’avion partit en vrille.

Ayant absorbé des débris, l’un des moteurs cahota, crachota, toussota, s’enfuma, vomit flammes et fumées puis explosa, projetant à son tour des milliers de pièces métaliques.

Le Learjet fut brutalement déséquilibré. Les pilotes tentèrent en vain de le ramener à l’horizontale.

-         Il revient !

En effet, l’autre missile, à la manière d’une étoile filante, était apparut dans le hublot près de René.

 

Publié dans La seconde fondation

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