chapitre 8

Publié le par Néron

Marine avalait machinalement la soupe, perdue dans ses pensées, écoutant le tic-tac régulier d’une horloge à proximité :

« il ne m’a pas tout dit…plus important que de tuer des milliards de gens… »

-         Elle te plait ma soupe ? Demanda la vieille

-         Pardon ?

-         Je te demandais si ma soupe te plaisait…

-         Oh oui…oui

 

 

 

 

 

 

La soirée s’acheva tranquilement puis Marine fut raccompagnée dans sa chambre. La pièce était douillette : papier peint chaleureux, lit avec un épais duvet etc…

-         Fais de beau rêves ma petite

-         Bonne nuit, dit l’adolescente en embrassant la grand-mère

Marine entra dans la pièce s’assit sur le lit :

« s’ils s’imaginent que je vais rester bien sagement ici ! »

 

 

La mère d’Isaac referma la porte : aussitôt, la jeune fille se leva et chercha à defaire ses draps : ils étaient juste assez longs.

Elle les attacha les uns aux autres et jeta sa corde de fortune par-dessus la fenêtre :

« pourvu qu’ils tiennent ! »

Elle arrima solidement l’ensemble au lit qu’elle approcha de la fenêtre. Le meuble glissa silencieusement.

La princesse regarda un instant par l’ouverture, les pavés du sol brillaient deux étages plus bas :

« c’est haut…j’ai toutes les chances de me rompre le cou ! »

Elle se laissa glisser jusqu’en bas puis courut vers l’extérieur du village. La lune éclairait le paysage d’une lueur bleutée, glissant des ombres menaçantes partout où la jeune fille posait son regard.

Marine sortit rapidement de la ville et entra dans une forêt de cocotiers

« oh non !»

Du loin lui venait un bruit de vagues déferlant en rouleaux sur les plages :

« oh nooon ! je suis…sur…une île ! »

Elle courut vers le bruit et découvrit sous l’éclat de la lune une plage d’une blancheur aveuglante :

« non, non…c’est peut-être…la côte »

Mais elle n’y croyait plus vraimment. Elle courut dans la direction opposée en prenant bien soin d’éviter le village.

Exténuée, elle sortit de nouveau d’une forêt de cocotiers. Le roulement sourd des eaux déferlant sur les côtes lui parvint lorsqu’elle passa la lisière.

Elle approcha : ce n’était plus des plages mais des falaises. Ses cheveux, agités par le vent, lui fouettaient le visage.

Elle avança sur une corniche, au milieu de la nuit et observa les étoiles quelques minutes avant de s’assoir, et, finalement, de se recroqueviller en position fœtale :

« oh non…oh non…oh non…c’est un cauchemard » Des larmes coulèrent sur ses joues.

Elle resta ainsi plusieurs minutes à se lamenter face à l’océan.

Enfin elle se leva et regarda la mer, les yeux emlis de larmes :

Une pensée sourde germait en elle sans qu’elle parvint à l’exprimer…

« un message ? un message à la mer ? »

Toute ragaillardie par cette nouvelle échapatoire, la jeune fille rentra vers le village :

« demain, je vole une bouteille que j’envoie à la mer, avec un peu de chance, d’ici deux mois elle tombe entre les mains de mon père et on viendra me secourir ! »

Elle remonta dans sa chambre avec le drap. L’ascension fut beaucoup plus pénible que la descente et c’est essoufflée, les bras en feu, qu’elle atteignit enfin sa chambre.

Elle démembra sa corde, refit son lit et se coucha, ni vue, ni connue, encore ivre de son nouvel espoir « jeter une bouteille à la mer ».

Elle s’abandonna bientôt à un sommeil de plomb.

 

 

 

 

Marine ne s’éveilla que tard le lendemain matin : le soleil filtrait déjà par les stores vénitiens de sa chambre, inondant la pièce de lumière.

Elle se leva et descendit à la salle à manger.

Gertrude l’attendait en bas :

-         Tiens, je t’ai laissé du pain, de la confiture et plein d’autres bonnes choses.

Marine s’assit et commença à badigeonner ses tartines.

-         Tu n’as pas eu trop froid cette nuit ? Insinua innocement la vieille

-         Non, non. Vos couvertures m’ont tenu bien chaud

-         J’en suis heureuse. Je te laisse manger…il faut que tu reprennes des forces après ta petite escapade d’hier…

Marine arrêta aussitôt de mastiquer son pain :

« Comment a-t-elle su ? »

 

 

Publié dans La seconde fondation

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nikita 18/02/2007 11:19

pas folle la vieille lol mais sa aurais été marrant qu'elle se blinde en dessendant lol